La vie d'une truite mouchetée

Les poissons mâles et femelles qui servent spécifiquement à la production des oeufs s'appellent: les géniteurs. En milieu naturel comme en pisciculture, c'est à l'automne que les géniteurs peuvent se reproduire. Et, puisque ces poissons sont dits à fécondation externe, dans le langage du métier, toute la saison automnale est surnommée "le temps du frai". Mais en réalité, le frai ne s'étend pas sur trois mois! Habituellement, c'est en octobre que les géniteurs cessent de s'alimenter et qu'ils préparent, dans un ruisseau affluant un lac, les nids pour la ponte.

Le processus biologique de reproduction d'une truite sauvage et d'une truite élevée en pisciculture est le même. Mais, sur le plan pratique, il va sans dire que le pisciculteur gère tout le processus, de A jusqu'à Z!

D'abord, les femelles sont capturées pour subir une extraction manuelle de leurs oeufs. À ceux-ci est ajoutée la laitance des mâles (qui subissent aussi l'extraction manuelle). Puis, grâce à des plumes d'oiseaux, les oeufs et la laitance sont mélangés pour favoriser le meilleur taux de fécondation possible. Les oeufs ainsi fécondés sont mis à incuber sur des claies en inox, dans une eau la plus pure possible.

    
  
      photo #1                     photo #2

En décembre, on verra apparaître deux petits points noirs dans l'oeuf; on dit alors que les oeufs sont "embrillonnés" (voir photo #1). Quelques semaines plus tard, c'est l'éclosion d'un fragile et minuscule poisson d'environ 1.5 cm. (voir photo #2) ! Afin qu'il puisse se nourrir pendant que se forment ses nageoires, sa queue et son appareil digestif, le poisson nouvellement éclôt porte un sac vitalin, c'est-à-dire une espèce de ventre jaune où est emmagasiné le liquide restant de son oeuf (voir photo #2). Ce n'est qu'au milieu de l'hiver que les petits poissons commencent à s'alimenter par voie buccale avec une nourriture artificielle distribuée tous les jours par l'éleveur ou encore, par un nourrisseur automatique.

    

         photo #3

Dès les premières semaines estivales, les petits poissons s'appellent: alevins (voir photo #3). Et quelques mois plus tard, on dira truitelles d'un été. Soit dit en passant, si les conditions son bonnes, une truitelle peut atteindre 15 cm au terme de sa première année de vie. Bien sûr, les hivers froids du Québec ne favorisent pas beaucoup la croissance. Ainsi, il faut attendre le printemps suivant pour que les truitelles reprennent leur croissance et puissent atteindre, à la fin du second été, de 25 à 30 cm.

De rares truites peuvent se révéler sexuellement matures après le deuxième été de vie. Cependant, après le troisième été, le cycle de reproduction s'avère très actif. Certaines truites (mâles et femelles) se verront alors choisies pour devenir les futures génitrices et les futurs géniteurs, tandis que les autres seront réintroduites. Sachez aussi qu'en pisciculture, des truites bien protégées vivent jusqu'à 10 ans et peuvent produire jusqu'à 3500 oeufs par année.

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